Une charpente métallique se compose de poteaux, de fermes ou de portiques et de pannes, tenus par des contreventements. L’emprise au sol fixe l’autorisation : déclaration préalable de 5 à 20 m², permis de construire au-delà. Depuis le 1er juillet 2014, les éléments de structure en acier mis sur le marché portent le marquage CE selon l’EN 1090. L’attestation décennale se remet avant le chantier, et la réception écrite fait courir la garantie.
La charpente métallique d’un garage, d’un abri ou d’une extension : ses pièces, l’autorisation à déposer, ce que le fabricant doit fournir, la corrosion, puis la décennale et la réception.
Les pièces d’une charpente métallique
Une charpente métallique porte la couverture et transmet les charges, poids propre, neige et vent, jusqu’aux fondations. Ses pièces portent des noms précis, qui reviennent sur le devis et les plans :
- les poteaux, montants verticaux fixés sur la dalle ou les plots de fondation par une platine, une plaque d’acier boulonnée ;
- les fermes ou portiques, cadres en triangle ou en arc qui franchissent la largeur du bâtiment ; leurs pièces inclinées s’appellent les arbalétriers ;
- les pannes, profilés posés perpendiculairement aux fermes, qui portent la couverture, la plus haute étant la panne faîtière ;
- les contreventements, barres ou câbles en croix qui empêchent l’ensemble de se déformer sous le vent.
Les sections et l’écartement de ces pièces se calculent selon l’Eurocode 3, la norme de calcul des structures en acier, à partir des charges du lieu. Aucune valeur générique ne remplace ce calcul.
La vidéo suit l’ordre de montage d’un garage en kit : dalle de niveau, tracé à l’équerre, fermes assemblées au sol puis levées, pannes, contreventements, puis serrage final.
L’autorisation dépend de l’emprise au sol
Pour un garage ou un abri indépendant, l’autorisation se lit sur l’emprise au sol créée, la projection au sol du volume de la construction :
| Emprise au sol créée | Cas général | Secteur protégé |
|---|---|---|
| 5 m² ou moins | Aucune formalité, sauf construction accolée | Déclaration préalable |
| Plus de 5 m², jusqu’à 20 m² | Déclaration préalable | Déclaration préalable |
| Plus de 20 m² | Permis de construire | Permis de construire |
Une construction de 5 m² ou moins accolée à la maison demande une déclaration préalable, puisqu’elle modifie l’aspect extérieur. Les personnes morales passent par un architecte, et un particulier aussi selon la surface totale du bâtiment après travaux.
Le projet est-il un bâtiment indépendant ou une extension accolée à la maison ? Le régime n’est pas le même, et le plan local d’urbanisme peut ajouter ses propres règles.
Ce que le fabricant doit fournir : marquage CE et classe d’exécution
Les éléments de structure en acier fabriqués en atelier et mis sur le marché relèvent du règlement européen sur les produits de construction. Depuis le 1er juillet 2014, ils portent le marquage CE selon la norme EN 1090-1, accompagné d’une déclaration de performances, le document qui liste ce que l’élément garantit.
Le marquage CE suppose un contrôle de la production en usine certifié par un organisme notifié. La norme EN 1090-2 fixe quatre classes d’exécution, de EXC1 à EXC4, selon le risque et l’usage ; faute de mention, c’est la classe EXC2 qui s’applique. Le devis ou le bon de commande doit faire apparaître ces références, et la déclaration de performances se demande avant la livraison.
La corrosion se règle au devis
L’acier se protège contre la corrosion, le plus souvent par galvanisation à chaud, l’immersion des pièces dans un bain de zinc, ou par un système de peinture. Le devis précise le traitement retenu et sa norme, par exemple la NF EN ISO 1461 pour la galvanisation à chaud, ainsi que le traitement des coupes et des perçages faits sur le chantier.
Une mention « traité » sans autre précision ne permet pas de vérifier ce qui a été livré. La même exigence vaut pour le bois, avec le traitement d’une charpente bois et sa classe d’emploi.
Décennale et réception : les deux documents à garder
Le professionnel qui réalise la charpente, lié à vous par un contrat, engage sa responsabilité décennale : pendant 10 ans après la réception, il répond des dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.
Le professionnel remet avant l’ouverture du chantier une attestation d’assurance de responsabilité civile décennale, qui doit aussi être jointe au devis et à la facture. La garantie concerne les constructions neuves comme les extensions.
La réception, l’acte par lequel vous acceptez les travaux, se prononce par écrit, avec ou sans réserves (article 1792-6 du code civil). Le procès-verbal note les défauts constatés : boulons manquants, aplomb, galvanisation endommagée, fixation des platines. Sans procès-verbal, la date de départ de la décennale se discute.
Avant de signer
Vérifiez l’autorisation d’urbanisme selon l’emprise au sol. Exigez sur le devis la classe d’exécution, la référence EN 1090, le traitement anticorrosion et sa norme, la fondation prévue, et joignez l’attestation décennale. Pour comparer avec une charpente traditionnelle, le même raisonnement vaut pour le prix d’une charpente en fermettes : fourniture seule ou posée, fondations comprises ou non.
Sources
- Service-public.gouv.fr, « Quelle autorisation d’urbanisme pour construire un garage ? » (F36961), vérifié le 25 septembre 2026
- Service-public.gouv.fr, « Garantie décennale des constructeurs » (F2034), vérifié le 10 avril 2026
- BIL-IBS, Institut belge de la soudure, « La période de transition pour la norme EN 1090-1 se termine le 01/07 », juin 2014
- Code civil, article 1792-6
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